Tour de France Femmes avec Zwift – 4e étape – Confrontation de style

Photo d’ouverture: Gaëtan Flamme

L’exercice du contre-la-montre propose une configuration de course complètement différente, notamment pour le spectateur qui peut observer le même parcours par le prisme de plusieurs concurrentes. Le chrono de la 4e étape du Tour de France est long, nous dit-on, pour un contre-la-montre, 21 kilomètres. Le départ se fait à Gevrey-Chambertin, les coureuses roulent dans les vignobles parmi les plus réputés du monde, passent par Fixin, se coltinent une ascension de près de 2 kilomètres à 7% de moyenne, Les Lacets de Marsannay, parviennent au temps intermédiaire au sommet puis affrontent la deuxième partie du tracé globalement en descente jusqu’à Dijon.

On notera la propension des organisateurs à se laisser tenter par des régions viticoles pour dessiner le tracé des premières étapes de cette édition du Tour. D’abord samedi la traversée du Lavaux, haut lieu des vignes en terrasses du canton de Vaud ; dimanche Aigle, le Lavaux et La Côte, régions gavées de vignobles réputés, toujours en Suisse dans le canton de Vaud ; lundi pour la 3e étape la traversée d’Arbois avec son célèbre vin jaune ; et aujourd’hui la Bourgogne et ses Grands Crus si grands qu’on ne peut plus se les payer. Le critère viticole est probablement inconscient, pour le plaisir d’envisager un verre de bon vin le soir et se récompenser d’une journée harassante, pour les organisateurs et les suiveurs s’entend, ou alors s’agit-il d’un hasard. Troublant cependant, si l’on considère la 5e étape à venir qui ciblera cette fois le Beaujolais. Gare alors au Père La Grolle qui glissera sans doute une bonne blague sous les roues des coureuses.

Pour ce contre-la-montre, une chose est sûre, les vingt premières du classement tiennent grosso modo en deux minutes et le classement général va certainement évoluer. Au fil des départs des coureuses dans l’ordre inverse de la position au classement, on peut observer les différences de matériel et d’équipement, mais surtout les différences de style. La géométrie du corps par rapport aux lignes de la bicyclette, la position du dos et de la tête, la balance entre les hanches et les épaules, (plate ou arrondie ; horizontale ou penchée, vers l’avant ou vers l’arrière) etc.  Le contre-la-montre est un exercice bien particulier, notamment quand il s’agit de chevaucher un modèle à roues lenticulaires, équipé de prolongateurs et de tous les artifices imaginables pour favoriser l’aérodynamisme. Dans les ruelles de Gevrey-Chambertin, sur les rares passages de pavés, on voit qu’il faut une certaine maîtrise pour garantir la stabilité de ces vélos. Dans les lacets de Marsannay, les unes conservent la position de recherche de vitesse les bras sur les prolongateurs, tandis que d’autres reviennent au guidon.

Grâce au photographe Billy Ceusters, on peut admirer, dans l’ordre, les styles de Marlen Reusser (qui remporte l’étape), Demi Vollering, Pauline Ferrand-Prévot, Paula Blasi, Lotte Kopecky et Sigrid Haugset.
 

Photos: Billy Ceusters

À la fin de l’étape, les cartes sont redistribuées, Marlen Reusser qui remporte l’étape endosse aussi le maillot jaune. Il suffisait de quitter la Suisse, pour qu’une Suissesse sorte du bois.

Classements, carte et profils sur le Tour de France Femmes avec Zwift