Tour de France Femmes avec Zwift – 5e étape – Un trio de choc

Les paysages de cette 5e étape entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais sont tout simplement superbes. La main de l’homme les a largement façonnés, en particulier par la viticulture, mais avec une harmonie qui enchante. Les coureuses roulent d’un village à l’autre (toits de tuiles rondes, maisons densément regroupées, avec un air bien plus méridional que ce que la position géographique du Beaujolais laisserait penser), elles traversent les vignobles et les forêts sur des routes étroites et sinueuses, des ruelles même dans les villages, où les habitants brandissent des panneaux « I love Beaujolais ». Oui, on l’aime, surtout son vin, souvent un vin de soif, soif qui habitent les coureuses qui, aujourd’hui comme tous les jours depuis le départ de cette édition à Lausanne sont confrontées à des chaleurs importantes.

Photo: A.S.O. Gaëtan Flamme

 

Il fait en effet chaud, à peine moins aujourd’hui que les jours précédents, mais suffisamment pour que 140 kilomètres, huit ascensions (cols et monts) et 2900 m+ s’apparentent à un défi de l’ordre de l’exploit.

On tique d’abord quand même quand on lit que ces cols ou monts culminent à 500 ou 600 mètres, comme s’il fallait toucher les 2500 mètres d’altitude pour être sérieux, mais leurs pentes moyenne avoisinent d’abord les 5% puis atteignent 7,7%, et, sur une distance courte de 2-3 kilomètres, ces ascensions accusent des pointes à 14% !

L’enchaînement des difficultés est bien goupillé pour « apothéoser » au col de Durbize puis au Mont de Brouilly, respectivement avant-dernière et dernière difficultés de la journée. Marion Rousse et ses équipes ont du métier, elles sont peut-être aussi un peu ambitieuses avec la résistance physique des autres, les coureuses en la circonstance. Et ce métier aboutit à une étape qui sélectionne, taille dans le vif, fait naturellement, obstacle après obstacle, le tri.

Puck Pieterse, qui le touche, fait partie du haut du panier, elle qui passe en tête sur six ascensions parmi celles répertoriées sur cette étape. Elle consolide gravement son maillot à pois.

Photo: A.S.O. – Billy Ceusters

Au sommet du Mont de Brouilly (les noms des lieux sur cette étape mettent l’eau à la bouche : Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Fleurie, Morgon, Chiroubles et Brouilly justement), un des seuls que Puck Pieterse ne passe pas en tête, suite aux attaques incessantes de Demi Vollering, il ne reste plus que Marlen Reusser qui lui colle soigneusement à la roue et Katarzyna Niewiadoma restée discrète jusque-là, mais qui, victorieuse du Tour de France Femmes en 2024, rappelle à qui l’aurait oublié qu’elle fait partie des favorites.

Le trio est de choc. L’esprit est à la hauteur, ces trois championnes qui comptabilisent grosso modo une centaine de victoires à elles trois, se relaient avec entrain sur les derniers 10 kilomètres de la course, et on ne se concentre soudain plus sur autre chose que sur le scénario qui va se dessiner d’ici l’arrivée. Elles sont seules au monde. Oui, elles s’observent, mais à fond, chacune prenant l’aspiration de l’autre pour aller ensemble plus vite jusqu’à la ligne d’arrivée à Belleville-en-Beaujolais. Les autres derrière n’existent plus.

 Photo: A.S.O. – Billy Ceusters

La lumière est dorée, les teintes sont celles d’une fin de journée estivale. Elles foncent ici à la corde d’un virage, là évitant un nid-de-poule, toujours à une vitesse impressionnante, avec l’agilité d’acrobates. Cependant, si ces trois favorites sont là, en tête, si proches du terme de cette étape, c’est aussi parce que chacune a pu s’appuyer sur des coéquipières à la hauteur et dévouées, chevilles ouvrières qui préparent le terrain avec abnégation, coup de pédale après coup de pédale, mais aussi qui assurent le spectacle dont on profite sur le TDF F.

Vollering coiffe finalement ses deux compagnonnes de route sur le poteau, Reusser gardant de près sa roue, et son maillot jaune.

Antonia Niedermaier endosse le maillot blanc de meilleure jeune.

Une belle journée.

(RC)

Classements, carte et profils sur le Tour de France Femmes avec Zwift

 

Photos: A.S.O. – Billy Ceusters