Tour de France Femmes avec Zwift – 7e étape – Un souffle nouveau sur le Ventoux

Photo d’ouverture: Camille Malas

Le Ventoux en impose, il marque les esprits, déjà de loin quand on l’aperçoit à distance, se détachant de façon disproportionnée du paysage. Chaque ascension, de chaque cycliste, s’apparente à un exploit. Marco Pastonesi, Albano Marcarini et Claude Marthaler, ainsi que Julien Douvier par la photographie, en avaient parlé dans c!m 24, 20, 17 et 5.

Pour cette 7e étape du Tour de France, dite « musclée » par les organisateurs, avec 3500 m+, on a ajouté précédemment un parcours d’échauffement de plus de 125 kilomètres. Tout le long de cette approche, on perçoit la pression qui augmente, une impatience s’installe avant de pouvoir en découdre. Quelques tentatives sont faites pour s’extraire, des échappées sont lancées, l’une d’elle permet à quelques coureuses de passer en tête au col de Suzette. À Malaucène, au pied du « Géant de Provence », l’image est forte avec des milliers de spectateurs agglutinés au bord de la route et avec la vue vers le sommet du Ventoux près de 1500 mètres plus haut. Les équipes des favorites ne prennent pas de risque et imposent un tempo élevé au peloton qui reprend la tête de la course à 18 kilomètres de l’arrivée, puis ce rythme est si marqué que le peloton s’étire, s’étiole en petits groupes éparpillés. On attaque l’ascension, les choses sérieuses commencent, et Vollering attaque à 11 kilomètres de l’arrivée, seules Reusser et Niewiadoma-Phinney résistent.

Photos: A.S.O. – Billy Ceusters

Le même trio qui avait fait le spectacle dans le Beaujolais, qui devient rapidement un solo; Niewiadoma s’échappe en effet à 9 kilomètres du but, tandis que Reusser et Vollering s’observent et ne réagissent pas. L’avance augmente coup de pédale après coup de pédale, d’abord en forêt, sur une route lézardée. Une nouvelle fois les enjeux sont multiples, l’étape, le maillot jaune, la gloire. Les écarts au classement général sont si faibles que l’organisation pourra bientôt penser à intégrer le centième de seconde en cas d’égalité à la seconde.

À la sortie de la forêt, la course devient épopée, dans un décor si souvent décrit et qui fascine tant. La roche éblouissante, un tapis de petits cailloux tout en angles hostiles, le vent, la pente inexorablement régulièrement dure, sous un soleil que le Ventoux ne partage pas avec l’ombre. Niewiadoma est venue sur ses pentes en reconnaissance à plusieurs reprises, elle les parcourues en famille, un peu comme en vacances, elle est ici désormais chez elle.

Photos: A.S.O. – Billy Ceusters


Son coup de pédale est léger, rapide, elle remporte l’étape (son premier succès d’étape sur le Tour de France, alors qu’elle a gagné l’édition du Tour en 2024), prend le maillot jaune, avec une avance minime de quelques secondes. Vollering décroche dans les derniers hectomètres Reusser, coiffée sur le fil de cette étape par Elisa Longo Borghini. Au classement général, Niewiadoma, Vollering et Reusser se tiennent dans un mouchoir de poche.

Le vent a fouetté le visage des coureuses, mais c’est bien le passage au Ventoux du Tour de France Femmes qui a procuré un souffle nouveau: celui du courage, de la générosité, du spectacle et de l’esprit sportif. Les valeurs fantasmées (?) du cyclisme des premiers temps, des forçats de la route qui faisaient le « tour » de la France. On a l’impression de retrouver sur le Tour de France Femmes, chez toutes les participantes, avec la soif de victoire, le plaisir de rouler et de participer, pour l’effort, avec le sens du panache.

Il reste deux étapes pour en profiter, d’autant plus que le suspense est plus que jamais total.

 

Classements, carte et profils sur le Tour de France Femmes avec Zwift.