Lago d’Orta

Piémont. Nord-nord-est du Piémont. Le Lago d’Orta se situe à l’ombre du Monte Rosa et du Mottarone. Sur une carte, on l’identifie à peine, on croit qu’il fait partie des tentacules gigantesques du Lago Maggiore, son grand frère. Ce dernier est certes plus vaste, mais le Lago d’Orta affiche une altitude plus élevée (290 m pour les 193 m du Lago Maggiore). Comme pour tous les lacs du nord de l’Italie, les rives du Lago d’Orta sont charmantes, ici particulièrement préservées.

Des services ferry, parfois de poche, permettent de quadriller le lac, de long en large, une ligne de chemin de fer (très lente), des trains de Domodossola à Novara, longent le littoral oriental du Lago d’Orta, et on peut ainsi joyeusement combiner la marche, le train et le bateau pour découvrir la région.

À vélo, pour passer d’Omegna, localité posée à l’extrémité nord du lac, à Gozzano au sud, on peut prendre la route sur la rive orientale qui passe par les musées à ciel ouvert que sont la presqu’île d’Orta San Giulio et l’isola San Giulio, sites très prisés par les touristes en groupes, cependant la Strada Statale 229 del Lago d’Orta est assez chargée et un peu étroite, ce qui la rend inconfortable pour le vélo, même si c’est la voie la plus rapide.

On peut alors envisager aussi la route qui suit la rive occidentale du lac. Plus solitaire, elle « longe » la rive dans la mesure où elle s’éloigne pas mal des bords et se fraie un chemin dans le versant escarpé qui dévale vers les eaux vertes, bleu-vert par moments. Constamment, on a une perspective vers le lac, et derrière vers le Mottarone. François Paoletti y était passé lors du Born to Ride en 2017 (voir cycle! magazine 10).
Ce sommet fait partie des ascensions parmi les plus splendides, elle a perdu un peu de son lustre suite au triste accident de téléphérique qui a endeuillé la région en 2021. Pour atteindre ce point de vue cinq étoiles, il s’agit de gravir un premier palier, par exemple depuis les villages situés au bord de l’eau comme Borca, Pettenasco ou Orta San Giulio, de rejoindre Armeno, d’où part la SP41, la Via Mottarone. À partir d’Armeno, la pente est très régulière, elle s’accentue un peu en toute fin d’ascension, mais comme les distances sont assez longues (depuis Armeno 11 km), c’est une montée agérable, en compagnie cependant des motards. Il y a encore une double voie d’accès depuis Stresa au bord du lac Majeur. On peut passer un week-end à arpenter les pentes du Mottarone qui aboutissent toutes au sommet, ponctué de nombreux refuges et hôtels mais surtout avec une vue complète sur les Alpes et le nord de l’Italie.

Concentrons-nous sur la route qui « longe » la rive occidentale du Lago d’Orta. Depuis Omegna elle monte régulièrement, on se fait dépasser par quelques voitures, mais le trafic est raisonnable.

On passe des villages où le tourisme est pour ainsi dire absent. À Nonio, on a presque atteint le point culminant. Et au coin d’une rue, un peu caché, un bar-pasticceria, fait soudain de l’œil. Si on est parti d’Omegna, il est peut-être un peu tôt pour une glace, si on a eu une longue route d’accès, alors c’est le moment. On se sent tout de suite bien dans ce bar Piazza Aldo, où les meubles, les infrastructures, le laboratoire dans lequel le patron fabrique ses pâtisseries et ses glaces, sont restés intacts depuis quarante ans qu’il les soigne et les peaufine.

 

Rassasié, on passe le village de Cesara, puis on attaque une superbe descente, un peu en forêt, avec quelques clairières. La route louvoie alors et s’engouffre dans des gorges où il fait sombre à toute saison. C’est vraiment une route bien roulante, prudence quand même car elle est étroite, mais on est récompensé des efforts de la montée par de belles sensations. On débouche sur le village d’Alzo, balcon posé en amont du lac, sa place devant l’église offre une vue splendide.

On revient alors à la civilisation, dès San Maurizio d’Opaglio, il y a des commerces et des restaurants partout, les habitations se densifient, la route devient très chargée, et il faut ici être prudent, en particulier le soir à la sortie du travail, lorsque la perspective de l’apéro agace les conducteurs fatigués d’une journée harassante. La transition se poursuit, cette fois vers la zone industrielle, magasins et supermarchés, de la localité de Gozzano. On profite, sur 20 kilomètres, d’un aperçu complet des différents types d’agglomérations qui peuplent les alentours du lago d’Orta.
(RC)

Note : il s’agit d’un itinéraire, bref, pour se mettre en bouche, se faire une première idée d’une région qui propose une quantité de découvertes à vélo.