Le Tour de France Femmes avec Zwift – 2e étape – Bis repetita

À Aigle, très belle petite ville viticole, on sacrifie au rituel des cérémonies protocolaires, toujours avec le sourire ! On célèbre aussi les symboles, par un passage obligé devant le siège de l’UCI, puis par un crochet dans le canton du Valais, après que le peloton a traversé le Rhône sur un étroit pont en acier.

Photo d’ouverture et ci-dessus: A.S.O. – Billy Ceusters

De l’extrémité orientale du Léman, les coureuses vont devoir rejoindre Genève à l’autre bout du lac, non pas par les rives (comme si elles suivaient l’itinéraire de voyage de la Route du Rhône (voir aussi cycle! magazine 7) qui descend jusqu’à la Méditerranée), mais par le haut, dans un arc de cercle d’abord autour de Lausanne qui les obligera à monter des 400 mètres d’altitude du bord du lac jusqu’aux 843 mètres de la Côte de Savigny, point culminant de l’étape. Plus longue que la veille, cette 2e étape compte près de 148 kilomètres, quelques difficultés, et un boulevard de 20 kilomètres à plat jusqu’à la ligne d’arrivée à Genève.

On se dispute ici quelques points pour le maillot à pois, là pour le maillot vert, quelques coureuses décrochent à l’arrière, la chaleur à nouveau étouffante met les organismes à rude épreuve. Tout le long du parcours, des membres de la protection civile sécurisent le tracé à chaque carrefour, à chaque croisement, même en campagne, tandis que les motards de la gendarmerie nationale, se succèdent, jetant des coups d’œil furtifs pour s’assurer, avant l’arrivée des coureuses, si tout est en place. Pour quelques heures, sur l’itinéraire dessiné pour cette 2e étape, tout s’arrête, la circulation est interrompue et seuls les véhicules de l’organisation passent au compte-goutte.

Un bénévole assigné à la sécurité consulte son portable et regarde le direct, tandis que nous attendons dans une forêt des hauts de Lausanne.

– Elles sont à la Claie-aux-Moines, si jamais, annonce-t-il.

Sa voix a porté loin aux alentours, dans un silence caractéristique d’une attente impatiente.

– C’est tellement calme, quand il n’y a pas de voitures, continue-t-il.

Puis les choses s’accélèrent, un motard passe à toute allure, quelques voitures de directeurs sportifs enchaînent, on perçoit soudain le bruit du moteur de l’hélicoptère qui survole la course. Le peloton arrive alors, et le temps qu’il faut pour le dire, elles sont passées.


Photo: Thomas Vust

Heureusement quelques retardataires permettent de lancer encore quelques encouragements, les voitures suiveuses ferment la marche, puis la route est à nouveau déserte pour quelques dizaines de minutes, avant que le feu vert ne soit donné par la police pour libérer la chaussée.


Photo: Thomas Vust

Et déjà un camion surgit et range dans son ventre les panneaux, les protections, les barrières. L’organisation s’apparente à une machine très bien huilée, il y a de l’expérience et du savoir-faire manifestes.

Après le paysage vallonné de champs et de forêts dans le large contour de Lausanne par Savigny et Cossonay, le parcours bascule dans un cadre viticole fait de parcelles de vignes entourées de murs de pierre réfléchissant la chaleur et de petites routes quadrillant le versant de montagne qui va des rives du Léman aux Crêtes du Jura. C’est La Côte. Si on l’aborde frontalement plutôt qu’à flanc de coteau, on se heurte à de sèches montées qui cassent le rythme de progression : les coureuses n’y échappent pas avec d’abord la Côté de Bougy-Villars, puis la Côte de Mont-sur-Rolle.

 Photo: A.S.O. – Gaetan Flamme

Elles suivent alors grosso modo un autre itinéraire cyclo-touristique, celui de la Route du Vignoble de La Côte par Bursins, Vinzel, Luins… mais pas le temps d’aller déguster un verre de chasselas ou d’emporter un Malakoff dans la musette pour la route, car les petites échappées se succèdent sur un terrain agité et sujet à la double exposition aux rayons du soleil, qui plaît tant aux vignes et a fait la réputation des vins produits ici, mais en la circonstance bien accablante pour les cyclistes à qui on a préparé un parcours des plus sinueux et agités pour rejoindre Genève.

On s’échappe ici, le peloton revient, on accélère là, en vain, puis Riejanne Markus contre encore une fois et, en force, avec une régularité mécanique, déroule les coups de pédales, seule devant la horde des coureuses emmenées par les équipes de sprinteuses qui tiennent à accrocher l’étape de Genève à leur palmarès. Sans un regard vers l’arrière, Markus tient bon jusqu’au dernier kilomètre.

Photo: A.S.O. – Billy Ceusters

L’emballement final est spectaculaire, principalement par la puissance et la facilité avec laquelle Lorena Wiebes remporte le sprint. Comme la veille.

Le status quo est total dans les différents classements, on a pris les mêmes et on a recommencé. À part Riejanne Markus qui empoche le prix de la combativité.

Présomptueux, le jet d’eau de Genève tente en vain de toucher le ciel. Pour la 3e étape du Tour de France Femmes, les coureuses vont s’en rapprocher un peu avec le col de la Faucille (voir aussi cycle! magazine 23).
(RC)

Classements, cartes et profils de l’étape 2 sur Le Tour de France Femmes avec Zwift.