Photo d’ouverture: A.S.O. – Billy Ceusters
La Route Napoléon qui va de Golfe-Juan à Digne-les-Bains, Sisteron et Grenoble correspond à l’itinéraire que Napoléon emprunta en 1815 pour remonter depuis l’île d’Elbe jusqu’à Paris dans la reconquête du pouvoir, avant les « Cent Jours ». Aujourd’hui classée en RN85, cette route, devenue touristique, traverse le département des Alpes-Maritimes, celui des Alpes-de-Haute-Provence, puis les Hautes-Alpes et l’Isère. Le tracé de la 7e étape du Tour de France Femmes est une variante parallèle à la RN85, de Sisteron à Nice. Les filles vont descendre vers le sud, tandis que Napoléon remontait à Paris ; Napoléon était accompagné par une petite troupe de soldats, les coureuses sont en peloton, réduit par rapport au départ à Lausanne il y a une semaine mais toujours vaillant. S’agira-t-il aujourd’hui de reconquérir le pouvoir ou de le conserver ?
Les journées précédentes ont été pleines de rebondissements, on compte au fil de sept étapes quatre porteuses différentes du maillot jaune (Wiebes, Haugset, Reusser, Niewiadoma), les écarts entre les premières au classement général sont très faibles, tout est possible.
L’étape entre Sisteron et Nice est la plus longue avec 172 kilomètres, elle est annoncée avec un dénivelé modéré de 1420 m+ qu’il faut néanmoins se coltiner après sept étapes démentielles, sans répit, dans un cagnard permanent. Il n’y a, depuis le départ de Lausanne, pas eu une goutte de pluie, la température diurne n’est pour ainsi dire jamais passée sous les 30o C.
Le début de l’étape est agité et finalement deux coureuses s’échappent, Maëva Squiban et Loes Adegeest. Les deux coureuses, avec une générosité dépourvue d’arrière-pensées roulent en duo, augmentent leur avance qui culmine à plus de 6 minutes. La route est un enchantement pour la rétine du spectateur installé dans son fauteuil, beauté du paysage méridional, pins, crêtes rocheuses sauvages, lavande et lacs turquoise, merveille du tracé dont ne peuvent probablement que peu profiter les deux coureuses qui battent le bitume à l’avant.


Photos: A.S.O. – Gaëtan Flamme
Il faudra une chute de Squiban à 17 kilomètres de l’arrivée pour qu’Adegeest se retrouve seule en tête, et aussi seule face aux éléments et orpheline de sa compagnonne de périple fou. Le peloton la reprend à 6 kilomètres du but. Adegeest a battu le record de la plus longue échappée (127 kilomètres) sur le TDF F.
Un peu à l’image du Poggio sur la Milan-San Remo, le chemin de l’Arieta, à l’entrée de Nice, offre à Vollering le tremplin pour une attaque. Au milieu de ce raidillon de 400 mètres de distance Niewiadoma marque soudain comme un temps d’arrêt, elle lâche prise, d’un coup. Vollering met le paquet et s’envole, laissant Niewiadoma, porteuse du maillot jaune, et Longo Borghini, l’Italienne qui se montre depuis quelques jours dès plus solide, à quelques secondes. Vollering vole dans la descente, tient le coup sur la Promenade des Anglais et remporte l’étape. Et le maillot jaune, pour 8 secondes sur Niewiadoma.
Sur la Route Vollering, classée RN-TDFF-26, il s’agissait donc bien de reconquérir le pouvoir.
(RC)
Classements, carte et profils sur le Tour de France Femmes avec Zwift


